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Secrétaire Nationale et Déléguée du GIT – Infirmière de Santé au Travail en région Grand Est

1/ Comment en es-tu venue à la santé au travail ? 

À la recherche d’un mode d’exercice mettant plus en valeur la prévention, je suis tombée dans le chaudron de la santé au travail en effectuant un remplacement dans une grande entreprise de la métallurgie.  Cette expérience a été un premier pas très formateur avec des risques bien visibles sur le terrain pour l’inexpérimentée que j’étais. Chaussures de sécurité, casque de sécurité et protections auditives pour tous !

2/ Te souviens-tu du 1er projet de prévention auquel tu as participé ? 

Pour mon 1er projet de prévention, facile, j’ai participé à la réalisation d’une vidéo de prévention sur la sécurité routière pour le Conseil Général en 5ème, au collège. Cette vidéo a servi de support de prévention dans le département pendant quelques années (#je frime) ; En santé au travail, comment avoir des actions de prévention adaptées sans évaluation préalable ?

3/ Pourquoi as-tu adhéré la 1ère fois au GIT ?

Je recherchais un réseau, des échanges de pratiques et je souhaitais confronter ma réflexion autour de la construction et de l’évolution de la profession qui souffre d’un manque de cadre d’exercice clair. 

4/ Que t’apporte le GIT ?

Déjà, il m’apporte du boulot supplémentaire ?

Il m’apporte aussi des échanges riches avec des pairs, des infirmier.e.s en santé au travail très différents, partout en France, avec des expériences variées dans des secteurs d’activité multiples.

En tant que secrétaire nationale du GIT, les multiples projets sur lesquels je suis sollicitée me permettent de nourrir un esprit critique, ce qui renforce mes connaissances pour servir ma pratique professionnelle. Enfin, et surtout, le GIT est une formidable source d’informations et un lieu d’échanges pour suivre les évolutions concernant notre métier.

5/ Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

Mon parcours professionnel est assez atypique. Mon diplôme en main, je n’avais qu’une envie : découvrir toutes les possibilités que m’offrait la pratique infirmière. J’ai donc entamé ma carrière professionnelle en exerçant en intérim. Cela m’a permis de travailler en hôpital public et en structure privée, en médecine, en chirurgie, en oncologie, en réanimation et soins intensifs, en EPHAD, en soins à domicile. J’ai eu la chance d’exercer dans plusieurs régions de France et en Suisse. 

Lors de mon passage en Suisse, j’ai été étonnée et ravie d’observer la place qui est accordée à la prévention et à la démarche infirmière dans le soin. Par exemple, une prise en charge avec prévention de la perte d’autonomie est mieux valorisée financièrement par les assurances. Ces valorisations de la prévention et de la démarche infirmière m’ont données envie de m’orienter vers une pratique plus axée sur la prévention.

A ce moment-là, je suis tombée dans la santé au travail et j’y suis restée. J’ai commencé par un poste en intérim en entreprise de métallurgie où je travaillais avec un médecin du travail en service Inter-entreprise. Je me suis formée auprès de ma collègue, forte de 15 ans d’expérience et d’un DIUST en Santé au Travail. J’ai pu passer une licence en santé au travail en contrat de professionnalisation en intérim. J’y ai appris à me positionner face à l’entreprise, le salarié, le médecin du travail et l’HSE dont je dépendais.  A présent, j’exerce dans une grosse entreprise de télécommunications, dans un service autonome, au sein d’un trinôme Infirmière Santé au Travail – Médecin du Travail – Assistante en Santé au Travail.

6/ Depuis combien de temps es-tu adhérente du GIT ? 

Depuis que je travaille en Santé au Travail, le GIT a toujours fait parti de mes sources documentaires : notamment, son référentiel de compétences. Je suis adhérente et active depuis 2018.

7/ Le leitmotiv qui fait que tu t’investis autant pour le GIT ?

Mon expérience professionnelle en soin, puis en santé au travail m’a appris que bien que l’infirmière soit indispensable pour tous, peu connaissent nos réelles compétences et notre champ d’action. Il est nécessaire de démontrer ses compétences pour pouvoir faire sa place. Malheureusement, il est aussi nécessaire de faire connaitre la place des IST auprès des collègues infirmiers et des médecins du travail, mais aussi des entreprises, des salariés, des représentants des salariés et des politiques. J’ai envie de participer à la visibilité de notre spécialité que je revendique depuis ma licence.

En bref, 2 leitmotivs m’ont poussés à m’investir :

  • Personne ne le fera pour toi.
  • Mieux vivre avec des remords que des regrets pour ne pas avoir agi. 

8/ En tant que secrétaire nationale, peux-tu nous en dire plus sur vos actions, vos volontés ?

En tant que secrétaire nationale, j’ai plusieurs missions :

  • Répondre et/ou réorienter les demandes qui arrivent au niveau national ;
  • Piloter l’organisation des CA et AG ;
  • Participer au maintien du lien entre les différentes actions au sein du GIT.

Nos volontés sont simples mais pas assez entendues ni suffisamment comprises à mon sens :

  • Fédérer les IST pour porter notre voix spécifique, sans être « éclipsés » par celles des autres acteurs de la santé au travail ;
  • Faire reconnaître notre profession à sa juste valeur par l’ensemble de nos partenaires quotidiens : les interlocuteurs de l’entreprise, les médecins du travail, les salariés, les acteurs de la prévention, les politiques ;
  • Mettre en place un cadre d’exercice clair pour tous les IST, qu’ils exercent en entreprise, en service autonome ou en service  inter-entreprise ;
  • Faire reconnaître notre spécialité ;
  • Mettre en place des formations adaptées aux IST.

9/ En tant qu’ adhérente active et impliquée au sein du GIT, peux-tu nous partager ta vision de l’évolution de la profession ?

Ma vision idéale pour répondre aux enjeux de la Santé au Travail :

  • La mise en place d’une véritable équipe de Santé au Travail avec une inversion de la proportion médecins/infirmiers en faisant évoluer le schéma de l’IST qui travaille avec plusieurs médecins du travail vers le schéma du médecin du travail qui collabore avec plusieurs IST.
  • La généralisation, voire l’obligation des contrats tripartites pour permettre aux IST en entreprise de participer pleinement au suivi en santé au travail, en collaboration avec les médecins du travail des services inter-entreprises.
  • La reconnaissance de la spécialité sous réserve de formation et/ou d’une expérience ouvrant la place à la prise de responsabilité et la reconnaissance de certaines de nos actions ; Par exemple, donner la possibilité aux IST de prescrire du matériel ergonomique simple, d’EPI et d’EPI adapté.
  • Cesser de faire intervenir, en entreprise, des cabinets de consultants en lieu et place de l’IST, qui proposent des actions d’analyse du risque ou de prévention. C’est un manque criant de reconnaissance envers notre profession. De plus, ce fonctionnement engendre des coûts supplémentaires pour l’entreprise et les cabinets externes ont souvent une vision biaisée de la réalité du terrain.

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